| Informations | Le bonus-malus

Quel est le principe du bonus-malus ?


La clause de « réduction-majoration » est un dispositif de diminution ou d’augmentation de la cotisation de référence en fonction des accidents survenus, réglementée et imposée à toutes les sociétés d’assurances par les pouvoirs publics.

Le système a été mis en place pour favoriser la prévention des accidents et inciter les automobilistes à plus de prudence au volant.
Bien que fortement critiqué, car il inciterait l'assuré à ne pas déclarer les sinistres qu'il occasionne et conduirait l'automobiliste à adopter des comportements associaux (délit de fuite, constat amiable falsifié...), le dispositif subsiste à ce jour, avec ses règles et ses principes souvent mal compris par les assurés.

Le principe est simple :

  • l'automobiliste qui ne cause pas d'accident bénéficie d'une réduction de son tarif d'assurance : c'est le bonus.
  • l'automobiliste qui est responsable d'un ou de plusieurs sinistres devra payer son assurance plus chère : c'est le malus.



Quels sont les contrats concernés ?


La clause de bonus-malus s’applique à tous les contrats d’assurance des véhicules terrestres à moteur.

Cependant pour les contrats ci-dessous, les assureurs ont le choix d’appliquer ou non la clause :

  • les cycles, les tricycles ou quadricycles à moteur dont la cylindrée est inférieure ou égale à 80 cm3
  • les tracteurs agricoles et machines agricoles automotrices et leurs remorques, les matériels forestiers, les matériels de travaux publics
  • les matériels des services de secours et de lutte contre l’incendie

Par ailleurs, des contrats peuvent prévoir des clauses différentes, comme ceux concernant par exemple :

  • plus de 3 véhicules appartenant à un même propriétaire (sauf cas de la location de plus de 12 mois ou crédit-bail)
  • les véhicules d’exploitation agricole ou à caractère agricole
  • les véhicules du transport public de marchandises ou de voyageurs, et tous les véhicules de poids total autorisé en charge (PTAC) de plus de 3,5 tonnes
  • les véhicules des collaborateurs (salariés ou bénévoles) d’une entreprise utilisés pour les besoins de celle-ci.

Le principe est simple :

  • l'automobiliste qui ne cause pas d'accident bénéficie d'une réduction de son tarif d'assurance : c'est le bonus.
  • l'automobiliste qui est responsable d'un ou de plusieurs sinistres devra payer son assurance plus chère : c'est le malus.


Quelle est la période prise en compte pour le calcul du coefficient bonus malus ?


Le calcul du coefficient bonus malus s’effectue en fonction des sinistres survenus ou non pendant la période de 12 mois consécutifs précédant de 2 mois l’échéance annuelle du contrat d’assurance.

Si le contrat a pour échéance le 1er octobre, l’assureur tiendra compte des sinistres survenus entre le 1er août de l’année en cours et le 1er août de l’année précédente.

En pratique, 2 situations peuvent se poser :

  • Un accident responsable survient le 1er juin de la même année (soit plus de 2 mois avant l’échéance). Le malus sera appliqué et compté sur l’avis d’échéance du 1er octobre.
  • Un accident responsable survient le 1er septembre (soit moins de 2 mois avant l’échéance). Le malus sera compté sur l’avis d’échéance de l’année suivante.


Comment bonus et malus se matérialisent-ils ?


Le bonus et le malus sont exprimés sous forme de coefficients de réduction ou de majoration (compris entre 0,50 et 3,50).

L’avis d’échéance mentionne le montant de la cotisation de référence qui correspond au tarif de base de la société d’assurances applicable au risque compte tenu de ses caractéristiques techniques (véhicule, zone géographique de circulation ou de garage, usage socio-professionnel, kilométrage parcouru…).

Chaque année, cette cotisation est multipliée par un coefficient de bonus-malus.

Le coefficient d’origine est de 1.
Il est inférieur à 1 en cas de bonus. Un coefficient de 0.50 signifie le bénéfice d’un bonus de 50%
Il est supérieur à 1 en cas de malus. Un coefficient de 1.10 signifie que la prime est majorée de 10 %.



Qu’est ce que la prime de référence ?


La prime de référence à partir se calcule la cotisation est la prime établie par l’assureur en fonction de certaines caractéristiques techniques.

Ces caractéristiques concernent : le véhicule, la zone géographique de circulation, l’usage socioprofessionnel ou le kilométrage parcouru, éventuellement la conduite exclusive du véhicule, ainsi que les réductions possibles figurant au tableau tarifaire de votre assureur.

La prime de référence correspond à la garantie des risques de responsabilité civile (obligatoire) ainsi qu’aux autres garanties auxquelles l’on peut souscrire (incendie, dommages au véhicule, bris de glace, catastrophes naturelles).

La prime de référence ne comprend pas les majorations éventuellement prévues pour les circonstances aggravantes prévues par le Code des Assurances. Le montant maximal de ces majorations est le suivant :

  • Pour les assurés responsables d’un accident et en état d’imprégnation alcoolique au moment de celui-ci : 150%.
  • Pour les assurés responsables d’un accident ou d’une infraction aux règles de la circulation ayant conduit à la suspension ou à l’annulation du permis de conduire :
    • suspension de deux à six mois : 50 %;
    • suspension de plus de six mois : 100 %;
    • annulation ou plusieurs suspensions de plus de deux mois au cours de la même période de référence : 200 %.

  • Pour les assurés coupables de délit de fuite après accident : 100 %.
  • Pour les assurés n’ayant pas déclaré, lors de la souscription d’un contrat, une ou plusieurs circonstances aggravantes indiquées ci-dessus ou n’ayant pas déclaré les sinistres dont ils ont été responsables au cours des trois dernières années précédant la souscription du contrat : 100 %.
  • Pour les assurés responsables de trois sinistres ou plus au cours de la période annuelle de référence : 50 %.
  • Le cumul de ces majorations ne peut excéder 400 % de la prime de référence.

Chacune de ces majorations est supprimée après deux années au plus.



Comment se calcule le bonus ?


La réduction (bonus) par année sans accident est de 5 %, appliquée au coefficient, celui-ci étant arrêté à la deuxième décimale et arrondi par défaut.

Le coefficient de bonus-malus s’obtient en multipliant son ancien coefficient par 0,95. Le coefficient de réduction-majoration ne peut être inférieur à 0,50, ce qui correspond à une réduction de 50% de la prime de référence.

Treize années sans accident sont nécessaires pour atteindre le bonus maximal de 50%.



Comment se calcule le malus ?


Pour le calcul du malus, seuls les sinistres ayant eu lieu au cours des 12 derniers mois consécutifs précédant de 2 mois la date d’échéance annuelle du contrat, sont pris en compte.

Tout accident dont l’assuré est totalement responsable entraîne une majoration de 25 % du coefficient précédemment appliqué. Le nouveau coefficient s’obtient en multipliant le précédent par 1,25.

Même dans l’hypothèse de plusieurs sinistres responsables survenant dans la même année, le coefficient malus ne peut jamais être supérieur à 3,50.

Aucune majoration ne peut être appliquée pour le premier sinistre qui survient après une période d'au moins 3 ans pendant laquelle le coefficient de réduction-majoration a été égal à 0, 50.

Après deux années consécutives sans sinistre, le coefficient applicable ne peut en aucun cas être supérieur à 1.

La majoration est réduite de moitié quand la responsabilité du conducteur n'est que partiellement engagée. Dans ce cas, la majoration n’est pas de 25% mais de 12.5% et le coefficient de l’année précédente est alors multiplié par 1,125.



Quels accidents ne donnent pas lieu à malus ?


Un sinistre ne peut pas donner lieu à application du sinistre dans les cas suivants :

  • l'auteur de l'accident conduit le véhicule à l'insu du propriétaire ou de l'un des conducteurs désignés, sauf s'il vit habituellement au foyer de l'un de ceux-ci
  • la cause de l'accident est un événement, non imputable à l'assuré, ayant les caractéristiques de la force majeure
  • la cause de l'accident est entièrement imputable à la victime ou à un tiers.

De même, il n’y a pas application d’un malus en cas de sinistre survenu à un véhicule en stationnement par le fait d'un tiers non identifié alors que la responsabilité de l'assuré n'est pas engagée, ou encore quand le sinistre met en jeu uniquement une garantie : vol, incendie, bris de glace.



A qui est appliqué le malus en cas d’accident responsable avec un véhicule prêté ?


Le malus est attaché au contrat d’assurance. Ainsi, si un accident est causé avec un véhicule assuré par un tiers (en cas de prêt par exemple), le conducteur ne supportera pas le malus.

À l’inverse, tous les accidents dans lesquels la responsabilité du véhicule est retenue augmenteront le malus de l’assuré, quelque soit le conducteur.

La seule exception concerne l’hypothèse où le conducteur est une personne qui n’habite pas habituellement au foyer de l’assuré et qui a conduit son véhicule à son insu et à l’insu des conducteurs habituels du véhicule.

Outre cette exception, c'est à celui qui a prêté le véhicule que sera imputé le malus.



Y a-t-il des règles particulières au calcul du bonus malus en cas d’utilisation professionnelle du véhicule assuré ?


Oui. Quand le contrat garantit un véhicule utilisé pour un usage « Tournées » ou « Tous déplacements » définit contractuellement, les règles de calcul du coefficient bonus malus sont légèrement modifiées.

La réduction (bonus) est de 7% au lieu de 5% par année sans accident.

La majoration (malus) est de 20% au lieu de 25% par accident responsable et de 10% en cas de partage de responsabilité.



Comment connaître son coefficient de bonus-malus ?


L’avis d’échéance ou l’appel de cotisation doivent indiquer le coefficient de bonus ou de malus ainsi que le montant de la cotisation de base.

Le coefficient bonus malus est également indiqué sur le relevé d’information qui doit comporter les mentions suivantes :

  • la date de souscription du contrat
  • le numéro d’immatriculation du véhicule
  • les nom, prénoms, date de naissance, numéro et date de délivrance du permis de conduire du souscripteur (et de chaque conducteur désigné dans le contrat) ;
  • le nombre, la nature, la date des sinistres survenus au cours des cinq périodes annuelles qui précèdent l’établissement du relevé d’informations, le nom des conducteurs responsables et leur part de responsabilité ;
  • le coefficient de réduction-majoration appliqué à la dernière échéance annuelle
  • la date à laquelle les informations ci-dessus ont été arrêtées.

Le relevé d’information est délivré par l’assureur en cas de résiliation du contrat et dans les quinze jours à partir d’une demande expresse du souscripteur.



Le coefficient bonus malus appliqué après un sinistre peut-il être rectifié ?


Oui. Quand il est constaté qu'un sinistre ne correspond pas à la qualification qui lui avait été donnée initialement lors de la déclaration, la rectification de la prime peut être effectuée soit par une quittance complémentaire, soit lors de l'échéance annuelle suivant cette constatation.

Aucune rectification de prime ne sera cependant possible, si la constatation est faite au-delà d'un délai de deux ans suivant l'échéance annuelle postérieure à ce sinistre.



En cas de changement de véhicule, que devient le coefficient bonus malus ?


Le coefficient de réduction-majoration acquis au titre du véhicule désigné au contrat est automatiquement transféré en cas de remplacement de ce véhicule ou en cas d'acquisition d'un ou plusieurs véhicules supplémentaires.

Cependant, le transfert de la réduction n'est possible que si le ou les conducteurs habituels du ou des véhicules désignés aux conditions particulières du contrat restent les mêmes (sauf en cas de réduction du nombre des conducteurs).



En cas de changement d’assureur, que devient le coefficient bonus malus ?


Si le contrat concerne un véhicule précédemment garanti par un autre assureur, le coefficient de réduction-majoration applicable à la première prime est calculé en tenant compte des indications qui figurent sur le relevé d'informations, et des déclarations complémentaires de l'assuré.



Que se passe t-il en cas de suspension du contrat d’assurance ?


Si le contrat est interrompu ou suspendu quelle qu’en soit la cause (maladie, départ à l’étranger...), le taux de réduction ou de majoration appliqué à l’échéance précédente reste acquis.

Cependant, si l’interruption ou la suspension est supérieure à trois mois, aucune réduction (bonus) ne sera appliquée.

Par contre, les majorations éventuelles (malus) seront comptées.





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